Bain/douche,péridura
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LA DOUCHE OU LE BAIN ?

Forcément, la douche. Parce que c’est plus rapide, plus propre aussi. Rester croupir dans son eau sale, beurk ! Le pire, après les vacances, quand on débronze : toutes les peaux mortes flottent et forment sur les parois de la baignoire une mince ligne brune. Et puis on est mal, on glisse, on veut lire ? Quelle bonne idée. Mais à la deuxième page on n’en peut plus de tenir ce pavé hors de l’eau, les bras crispés en l’air, en le sauvant sans cesse d’un dégât des eaux dès que l’on bouge une jambe. Alors on écoute de la musique ? On téléphone ? Et on a les doigts mouillés quand on veut raccrocher ou changer de station. Et puis l’eau qui refroidit…
Alors la douche ! Sentir cette eau brûlante, sans cesse renouvelée, glisser sur chaque partie du corps… J’insiste sur le dos ? C’est le ventre qui réclame. Il est aussitôt satisfait, un bonheur si simple à assouvir.
Des nuages de vapeur s’échappent, je les vois dans la glace, ils transforment les lumières en halos bleus et mystérieux. Je pourrais être n’importe où. La magie s’arrête, juste le temps de se savonner. Je choisis entre les parfums onctueux et gourmands celui qui, aujourd’hui, ira le mieux à ma peau. La mousse glisse, me purifie, me parfume, m’hydrate. Je respire cette odeur de vanille et de cannelle. Je commence à avoir froid, alors j’abrège un peu, je me presse. J’ai hâte de sentir à nouveau l’eau. J’ouvre le robinet à fond, je tiens la pomme de douche face à moins, haletante, impatiente comme avant un premier baiser. Et j’actionne le bouton, l’eau jaillit, puissante et brûlante, elle me rougit la peau, j’en ai presque la tête qui tourne, et pourtant, je donne encore un petit coup vers la gauche, tout petit. Peut-être qu’avec un degré de plus ce sera encore meilleur ? Non, c’était une erreur, je reviens en arrière. La mousse glisse le long de ma peau, tant qu’il y en a je continue. Je profite encore quelques secondes…toute étourdie, ailleurs. La salle de bain n’est plus qu’un hammam. Il va falloir sortir, je m’y résous avec la certitude de recommencer demain, puis j’oublie. C’est un plaisir simple, pas une chose que l’on attend impatiemment des jours durant. Je n’y pense que lorsque qu’il est imminent.

Le bain, s’il est brûlant, parfumé et pas trop long. Jouer avec la mousse entre ses doigts, disparaître toute entière sous cette banquise souple, sentir son corps flotter mollement, se détendre, avoir du temps devant soi. Etre bien.
Et finir par une douche !

ACCOUCHER AVEC OU SANS PERIDURALE ?

J’ai fait les deux donc je peux en parler !
Tout d’abord excluons les femmes jalouses, grand-mères, mères, tantes, et belle-mères qui n’en ont pas bénéficié et démontrent que c’est mauvais par le simple fait que tous les mammifères femelles ont toujours accouché depuis la nuit des temps sans anesthésie. Et qu’elles n’en sont pas (toutes) mortes. Certes, mais parlons en des mammifères, elles n’ont pas de col sur l’utérus, puisqu’elles ne sont pas debout comme nous les femmes, et n’ont donc pas à lutter contre la pesanteur. Les contractions sont donc moins pénibles…
Et puis je ne veux pas entendre non plus d’arguments sur la nouveauté du procédé et ses risques mal maîtrisés. A ce moment là, pas d’anesthésie non plus pour l’appendicite ou, voire, la césarienne ! Un pétard, des boule Quiès et zou au boulot…
Non, rien de tout ça. Juste des constatations claires et objectives.
Mon deuxième accouchement, sans, ne l’a pas été volontairement, donc la conclusion de cet article est évidente, je suis pour ! Néanmoins, mon mari a trouvé des avantages à cette méthode « naturelle ». Et moi aussi un tout petit peu….
J’ai également compris le véritable sens des mots « cours d’accouchement sans douleur », auxquels toute nullipare valide se précipite afin d’y entendre conseils et paroles rassurantes. Je croyais au début que ces cours nous apprenaient à ne pas avoir mal, c’est tout le contraire, ils nous apprennent à pousser correctement alors qu’on n’a pas mal et qu’on ne sent rien ! Nuance. Quand on a mal, je vous assure qu’on pousse sans problème, et sans avoir appris quoi que ce soit. C’est totalement instinctif comme de respirer.
Commençons par Avec péridurale. Je ne parle que des cas où cette dernière a marché. Bien évidemment, la péridurale mal faite n’a aucun intérêt pour personne.
Il y a la piqûre dans la colonne vertébrale avec cette énorme seringue qu’on ne voit jamais mais dont on parle beaucoup. Le papa, s’il assiste, est prié de sortir à ce moment là et la taille de la seringue grandit au fur et à mesure qu’elle traverse les imaginaires. En fait elle n’est pas si grande que ça, et franchement, on a tellement mal qu’on pourrait nous faire n’importe quoi avec la promesse de ne plus avoir mal après. Bien sûr il a fallu au préalable aller consulter l’anesthésiste pour être sûre que notre organisme est compatible, faire une prise de sang juste avant pour contrôler les plaquettes, mais ce n’est que formalité plutôt rassurante.
Ensuite, un état cotonneux du bas du corps. Les jambes lourdes. Les contractions visibles sur un bout de papier qui se dévide lentement à côté de notre tête, et l’impression que notre bas ventre se soulève un peu périodiquement, sans douleur mais avec la nette impression que sinon ça serait terrible. Certaines ont eu la chance d’avoir une pompe pour doser elles mêmes la quantité de « non-douleur », mais l’organisme réagit avec du retard et parfois le bébé est déjà né quand la dose maximale les plonge dans un profond coma des jambes…
En général ça dure assez longtemps. Pour ma part, 13h la première fois. Impossible de dormir (oui, c’est statistiquement souvent la nuit, on ne sait pas pourquoi) à cause des différents bip bip et du stress, il faut bien l’avouer. Le monitoring vous fait également entendre le cœur du bébé en direct. Je changeait parfois de position, et mon mari sortait de sa torpeur en sursaut en hurlant « on ne l’entend plus !!! ». Il suffisait que je rebouge dans l’autre sens et il pouvait recommencer sa veille. Fait non négligeable, une sage femme vient généralement toutes les heures contrôler l’état d’ouverture de votre col et vous voyez presque tout son avant-bras disparaître en vous sans rien sentir.
Bref, après quelques heures dans cet état étrange, on décide que c’est le moment. On vous dit de pousser, de ne plus pousser, plus fort, allez courage, on y va ! Parfois le futur père vous tient la nuque, toujours trop ou pas assez fort. Mais pousser quoi, comment ? On ne sent rien… pas facile. « Comme si vous alliez à la selle madame ». Quoi ??? comme ça devant tout le monde ? Pas question ! Vous êtes malades ou quoi ? Alors on pousse plus ou moins mollement. C’est long ! Si le médecin commence à trouver que le bébé se fatigue, là on y va plus franchement, l’instinct de mère reprend le dessous et on se concentre pour appliquer à la lettre ce que l’on a appris au cours dernier.
OUF ! Voilà Bébé. Non pas tout rose et propre mais sanguinolent et plein de cet enduit blanc bizarre. Aucune importance, c’est fini, on le serre sur notre poitrine pendant que la sage femme nous recoud tranquillement.
Personnellement j’ai toujours eu du mal à croire que cette chose de 3 kilos était sortie de moi, même si le miroir que l’on avait disposé en face afin que je puisse suivre les opérations me l’assurait.
Ensuite, les jambes très lourdes et immobiles, pleines de fourmis. Interdiction de se lever pendant 2 heures. Personnellement une fois dans la chambre j’ai quand même rangé mes petites affaires dans les placards, mais je me suis faite engueuler !
Beaucoup d’anecdotes aussi de jeunes mères qui croient pouvoir tenir debout et s’écroulent lamentablement au pied de leur lit parce que leurs jambes ne les ont pas soutenues.
Mais au moins on n’a pas souffert !

Maintenant Sans.
En général ça va plus vite, c’est pour ça d’ailleurs qu’on le fait sans, par manque de temps. Plus rarement par manque d’envie.
En tous cas c’était mon cas.
De la première contraction à 3h30, à l’arrivée à l’hôpital un peu avant 5h, j’ai pu apprécier la force de mes contractions, bien régulières, bien rapprochées comme dans les livres.
J’ai supporté en gémissant doucement ma demi heure sur les sièges en bakélite de la salle d’attente de l’hôpital, en me disant que la libération approchait. Ma petite péridurale, pitié…
Un fois installée, prise de sang faite pour contrôle des plaquettes, monitoring placé, les choses se sont accélérées. J’ai lâché le masque à oxygène qui, j’en ai l’impression, ne servait à rien à part me faire des fourmis dans la tête. Et l’effet euphorisant ? Peut-être quand tout va bien mais pas dans mon cas…
Pendant les 20 minutes suivantes j’ai eu l’impression de n’avoir qu’une énorme contraction, d’être transformée en accent circonflexe sur ma table d’accouchement. Les pieds et les mains accrochés à la table, et les fesses en l’air, comme un hamster à qui on envoie du 220 volts ! Je ne voyais plus, n’entendais presque plus, je ne maîtrisais plus mes hurlements (guturaux-bestiaux, paraît il) ni ma main gauche qui broyait celle de mon mari. La droite s’agrippant tantôt au lit, tantôt dans le vide en recherche d’un quelconque réconfort. Je me souviens avoir hurlé plusieurs fois « je vais mourir !! », et j’y croyais vraiment. J’avais même mal aux oreilles de tant crier. Je n’étais plus qu’un bête. Et dans le bas du corps, je poussais, je poussais. La sage femme me disait de respirer, d’arrêter, de souffler, de faire le petit chien. C’est ça, viens à ma place, essaye donc !
C’est là que j’ai abandonné l’espoir de la péridurale pour cette fois ci.
Je ne croyais quand même pas que ce serait si court. Quand la tête a commencé à sortir, la sage femme a demandé à mon mari comment allait s’appeler ce bébé. Croyant qu’elle cherchait à me distraire et que la question m’était adressée, j’ai hurlé un « ALICE » dont tout le rez-de-chaussée de l’hôpital se souviendra.
C’est moi qui ai ensuite sorti le bébé de mon ventre en le prenant sous les aisselles.
6h05. 3 kilos 700 de bébé posé sur la poitrine.
La douleur s’arrête comme par miracle, instantanément. Mes jambes tremblent à force de s’être crispées mais je les sens. Mon mari a dit une parole maladroite « je suis content que ça se soit bien et vite passé. C’est quand même mieux sans péridurale ! ». Je lui ai pardonné, il ne se rendait pas compte…
Pour ma part, je suis très fière d’avoir survécu à ça, d’y être arrivée.
Pas d’effet secondaires. Pas de mal de dos. Les contractions des 24 heures suivantes me paraissent bien négligeables à côté de ce que j’ai vécu et je les ignore superbement, alors que mes voisines d’étage se bourrent d’anti-douleur.
Moi j’ai vu pire, je suis une dure maintenant. Je peux tout supporter. Je me sens invincible. Et solidaire de toutes les femmes du monde qui ont vécu ça.
Maintenant à vous de juger…

jhesite
22 septembre 2005