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Chomage ou travail
CHIEN ou CHAT
 
FAUT-IL TOUT DIRE A SES AMIS ?

Spontanément, je serais tentée de dire oui. Parce que ce sont des amis. Et qu’ils peuvent comprendre que j’ai dit ça pour leur bien et notre bien à tous. Et qu’on peut en discuter. Mais dans la pratique, évidemment, non !
Parce que nous avons tous notre amour propre, nos rancoeurs, nos rancunes, nos jalousies, nos peurs, nos timidités. Pas vous, peut-être, mais les autres sûrement. Alors non, on ne peut pas tout dire aux amis. Ni tout entendre.
Mais il y aurait une méthode, un truc génial. Genre thérapie de groupe anonyme.
Cela sous entend qu’il faut être amis depuis longtemps, pour bien se connaître et tomber juste. Rien de pire en effet qu’une remarque désagréable totalement fausse, ou vraie mais que l’on considère fausse parcequ’elle ne nous plaît pas, et que de toutes façons, « qu’est ce qu’il en sait cet imbécile, il me connaît depuis 6 mois ? ». Et il faut être plusieurs, pour que l’anonymat ne soit pas découvert, et que le gars a qui 8 personnes ont dit qu’il devrait mettre du déodorant le croira plus que si c’est un seul.

Alors on serait une dizaine par exemple. Chacun aurait a sa disposition des petits bouts de papiers, tous les mêmes. Et au milieu de la table, 10 paniers correspondants avec chaque prénom.
Chacun doit penser à chaque « ami », et noter sur ses papiers les qualités principales de ce dernier. Il est vivement conseillé de travestir son écriture !
Il faut bien tempérer, parce que sinon il y aurait de quoi se jeter dans la Seine après la séance. Et puis je suis sûre que nous avons tous des qualités qu’on ne pointe jamais du doigt et que nous serions ravis de connaître.
Puis écrire les défauts. Attention, les défauts « corrigeables ». Tu es trop grand, trop chauve, trop myope, trop marqué par ton enfance, pas très intelligent…ça ne sert à rien sinon à faire de la peine.
Le but de la séance est de prendre conscience de ses défauts, et, si on les juge légitimes (c’est à dire si une majorité des gens l’ont dit et sont dignes de confiance), on fera en sorte de s’améliorer, même si c’est dur à entendre et à mettre en œuvre. Ce n’est pas la peine non plus de charger la barque et de se forcer à trouver des choses à dire si rien ne nous vient à l’esprit. Dans le bon sens comme dans le mauvais.
Untel sera gentil, intelligent, travailleur mais bougon, râleur, incompréhensible, macho et très personnel. Une telle sera prétentieuse, égoïste, cancanière, mais vive, drôle, entière. Un autre sera m’as tu vu, mais généreux, tendre, fidèle. Et une dernière égoïste, instable, radin mais marrante, inventive, douée pour tout.
Une fois que tout le monde a fini, chacun ramasse sa corbeille et lit, en public ou en privé, fort ou en silence, de suite ou pas. Le but n’est pas de ridiculiser quelqu’un, mais qu’il sache ce que les autres voient en lui, quelle image il renvoie à ses proches. Chacun le fait avec l’envie qu’il en a.
Oui, ce ne sera pas toujours facile, et c’est pour cela qu’il faut que ce soit anonyme, et fait au sein d’un groupe d’amis qui se connaîssent, et qui s’aiment. Mais justement pour éviter qu’ils ne s’aiment plus à terme. La vie nous fait tous évoluer, prendre un chemin et pas forcément le même que celui que l’on suivait quand on s’est connus. Les coups durs de la vie ne nous laissent pas indemnes, ou au contraire certains évènements nous bonifient. Nous avons tous perdu de vue ou délaissé des amis parce que leurs travers nous horripilaient trop, et que nous n’avons pas été capable de leur dire à ce moment là. Ces travers étaient peut-être une façade, un masque qu’il suffisait de faire tomber. Cet homme fier et prétentieux cache peut-être un cœur en or et une grande faiblesse. Il se rend antipathique alors qu’il lui suffirait d’être tout simplement un peu plus vrai.
C’est un bilan. Et surtout ne pas essayer de savoir qui a dit ça, ne pas faire de sous groupes pour persuader celui là d’arrêter de nous bassiner avec son piano. Chacun réagit avec son cœur, sans arrière pensée.
Une bonne idée non ?
A essayer !
Bon, quand je saurai que je suis infantile, allumeuse, prétentieuse et feignante, ça me plaira moins…quoique…

CHOMAGE OU TRAVAIL ?

Ce titre provocateur a pour unique but de s’insérer dans la veine des autres textes, car bien sûr, la réponse est évidente : Travail.
C’est la recherche d’emploi qui m’intéresse ici.
Bien entendu, les lieux et noms seront modifiés, le but n’étant pas de divulguer les méthodes de recrutement des entreprises.
Prenons une (encore jeune) mère de famille, avec une certaine expérience à presque 2 chiffres, tempérée par bientôt 4 années d’inactivité « en entreprise », je précise, car nous l’avons tous compris, garder des enfants ne peut en aucun cas être considéré comme de l’inactivité. Mais si j’étais devenue experte en changement de couches, confection de biberons, montage de jouets Kinder Surprise, classement de Légo et réponse à questions embarrassantes (comment on fait les bébés, comment on fabrique les nuages…), j’avais en apparence un peu oublié les appels d’offres, les querelles de bureau, les objectifs progressifs et la négociation en environnement concurrentiel. C’est du moins ce que je pensais que penseraient les recruteurs éventuels au moment de ma reprise. Et bien pas du tout !! J’ai bien senti que j’étais une femme, flanquée de deux mouflets (mouflettes en l’occurrence), ça oui… L’homme me regarde droit dans les yeux. Faisant mine de s’intéresser, il demande : « quel âge ont vos enfants ? ». Je réponds 3 et 6 ans. Sa bouche se crispe. Sourire un peu tordu. Voix gênée. « Fille ? Garçon ? » et là je réponds tout de go : « 2 filles, qui vont à l’école, récupérées par une nounou le soir, sont rarement malades et je n’en ferai pas un troisième. Je vous le dis de suite car vous n’allez pas oser me poser la question. »
Quel soulagement sur le front soucieux de l’interlocuteur…
Rire jaune. « oh oh oh, ce n’était pas ma question… ». Tu parles Charles, bien content que je le rassure…
Donc ça oui, je suis une femme, et si j’étais pas déjà mère, je serais en âge de me reproduire. Difficile de supporter la comparaison avec un homme qui va se défoncer pour son travail et uniquement son travail, mais on arrive quand même à grappiller quelques responsabilités.
En revanche, jamais je n’ai senti dans aucun entretien, que j’étais has been ou que c’était un frein de m’être arrêtée quelques années. Ouf c’est déjà ça.
Venons en à la recherche proprement dite…
Elle a été faussée dès le départ, car après un bilan de compétences très agréable, au cours duquel je n’ai entendu que des compliments inédits, du genre « vous avez des qualités transversales essentielles et rares en entreprise » (ça vous en bouche un coin, avouez), je me sentais déjà la reine du monde, ou au moins du 92 nord.
La dessus, quelle ne fût pas ma surprise d’être trouvée sur un site Internet par forcément lié au monde professionnel, par une société proche de mon domicile, qui voulait absolument me rencontrer. La rencontre a eu lieu.
Premier entretien après des mois et des mois de babillages et papotages entre mamans. Gloups. Mains moites, cœur qui bat trop vite, qu’est-ce que je vais bien pouvoir dire etc…
Mais rien ne s’est vu, je suis restée presque 2h en entretien, et ils me voulaient. Et oui !
Certes c’était à côté de chez moi, mais je ne comprenais pas leur langage, je ne voyais pas ce qu’ils attendaient de moi, et les mots qu’ils utilisaient m’étaient familiers mais pas dans cet ordre là.
Je sens que vous voulez un exemple…
Le voilà : « L’entreprise valorise vos applications métiers par une maintenance créative et définit des modèles économiques de revente ».
Alors j’ai refusé l’offre. Etant la reine du 92 nord, j’allais sûrement avoir l’embarras du choix.

Suite CHOMAGE OU TRAVAIL

Peu après, j’ai eu quelques entretiens sympathiques, par piston et par amitié, mais dans des domaines qui ne recrutaient pas en ce moment. Le « ce moment » pouvant durer de quelques mois à plusieurs années.
Pas grave.
J’avais une super piste, par le biais d’un ami d’un cabinet de recrutement. Un entretien prochain avec une petite société qui fabriquait du mobilier pour les collectivités enfantines et cherchait sa commerciale Ile de France.
L’entretien a duré 2 heures. Bonnes impressions des 2 côtés. L’avantage du poste, c’était d’être basée chez moi, parfaitement autonome, dotée d’un ordinateur, d’un téléphone, d’un fax et d’une voiture de fonction. Le deuxième entretien devait se dérouler en province. Toute excitée par la perspective de mon premier « voyage d’affaires », j’en ai fait tout un plat. J’étais totalement emballée par ce poste, regardant déjà toutes les crèches et écoles maternelles croisées sur mon chemin comme autant de cibles potentielles. Je me suis même surprise à sourire exagérément à la directrice de l’école de mes filles…en prévision.
La veille de mon voyage, je suis allée dormir chez une amie qui habitait à proximité de l’aéroport, afin de ne pas arriver en retard. Mon mari a eu la délicatesse de ne pas trop se moquer de mon empressement.
Sur place, la journée s’est très bien passée. Les entretiens successifs n’ont fait qu’augmenter mon envie de commencer ma mission au plus vite. Et au dernier moment, dernier entretien avec le gérant. Il me remet sa proposition écrite et les objectifs prévisionnels. Ça ne correspondait pas du tout à ce qu’il m’avait dit au départ. Il y avait même une très grosse différence. Oui, je pouvais atteindre le salaire dont nous avions parlé, mais il fallait pour cela que je fasse toute l’année plus de 200% du chiffre d’affaires de la personne qui avait occupé le poste pendant les 20 dernières années. Certes, je suis la reine du monde, mais je ne suis pas sûre de faire 2 fois plus que la doyenne du secteur. Cerise sur le gâteau, Mr X me glisse que les vacances sont obligatoires en août et à Noël, et que j’aurais du m’en douter. Désolée mais non, ce n’est pas évident pour les Parisiens de souche…
Je sens qu’il y a encore de la négo dans l’air, que le poste tel que je le rêvais n’est pas gagné. Mais là, tout de suite, j’ai un avion à prendre messieurs. Nous promettons de nous téléphoner. Il fallait juste arriver 30 minutes avant le départ, facile ! Nous sommes partis de l’entreprise 35 minutes avant, c’était juste. J’ai couru, couru. Je suis arrivée haletante devant mon comptoir, orné d’un très joli panneau « enregistrement terminé », désert. NON !!!!!!!! Tout devait se lire sur mon visage, car une hôtesse m’interpelle « vous allez à Paris ? ». Moi, pleine d’espoir devant cette main tendue, ce visage ami : « ouiii ». Elle, vicieuse : « Ben c’est trop tard, c’est fini. Vous prendrez celui de demain. »
ARGGHHH Non !!!!! J’ai supplié, presque pleuré, imploré, parlé de mes enfants qui allaient passer la nuit tout seuls, non non vraiment il fallait à tout prix que je prenne cet avion. D’ailleurs regardez, je suis là, je suis prête, je n’ai pas de bagage, je vous en supplie. Elle téléphone, en me prévenant que c’est sans espoir de toutes façons. Je suis déjà en train de réfléchir aux solutions s’offrant à moi. Toulouse-Paris à pied, même en courant, pas possible d’arriver pour le petit déjeuner. En trottinette ? En louant une voiture ? En bateau ? Et si j’achetais cet avion ? Une carte d’embarquement passe dans mon champ de vision et interrompt mon délire. « Dépêchez vous ». Je l’aurais embrassée sur la bouche si elle me l’avait demandé.
Me voici de retour dans ma ville. Adieu Toulouse. Je déteste les gens qui n’ont pas de parole ou qui reviennent dessus. Nous nous appelons le vendredi, ou plutôt j’appelle et je ne bouge pas de mes positions. Je prendrai mes vacances quand mon mari prendra les siennes, donc pas nécessairement en août, et je désire le salaire dont il m’a parlé au début. Il doit me rappeler en début de semaine pour me donner son point de vue. Je ne sais pas de quelle semaine il parlait, car j’attends toujours…
Point final à cette histoire.

J’ai ensuite eu, toujours par le biais du cabinet précédent, un entretien très intéressant, pour vendre des produits d’informations juridiques et financières aux experts comptables parisiens. On n’était plus du tout dans les crèches, mais dans un produit sérieux, technique et le supérieur hiérarchique direct ressemblait à Richard Gere, en mieux. C’était loin de chez moi mais bien payé et intéressant. Convocation à un deuxième entretien avec un autre responsable. Yesss !!! Après une heure de transport, un stress évident et trois quarts d’heure d’attente dans l’entrée, tantôt debout faisant les cent pas, tantôt installée dans un canapé et feuilletant pour la 42ème fois le magazine de la maison, mon interlocuteur me reçoit enfin. Il était très sympathique et je faisais tout mon possible pour l’être aussi. Mais voilà, le grain de sable est arrivé de suite. A peine assise, on me précise qu’un détail a été oublié dans le descriptif du poste. Ah bon mais lequel ce n’est sûrement pas un problème, dis-je avec la voix de Muriel Robin quand elle découvre que son futur gendre est noir. Si justement, ils venaient juste de s’apercevoir que j’étais une mère, et que mes enfants n’apprécieraient pas forcément mes 2 à 3 voyages en province par…semaine. Dans ce cas, après un entretien réussi, Bientôt quatre heures de transport cumulées, une heure d’attente et beaucoup de stress accumulé, j’avais envie de m’accrocher aux branches. Certes, ce n’est pas possible pour moi, mais est-ce vraiment obligé, systématique, n’y a t-il pas un autre poste plus sédentaire, je sais faire plein de choses… ? C’était sans appel. De son plus beau sourire, il m’a dit « Autant vous le dire de suite, il y a des déplacements assez nombreux. Nous comprenons très bien que ça ne soit pas compatible avec votre situation familiale. Dans ce cas inutile de perdre du temps et arrêtons là l’entretien avant même de le commencer ».
J’ai planté mes ongles dans la chaise, lui ai décroché le sourire de Caliméro et Cosette réunis et suis repartie l’oreille basse.

Ce jour là, je n’étais plus la reine du monde, ni du 92 nord, ni même de ma propre rue. Il allait falloir que je m’y mette sérieusement à cette foutue recherche d’emploi.

Les grands moyens.
J’ai créé une boite aux lettres Internet spéciale job, je me suis inscrite sur tous les sites généraux, j’ai programmé des alertes mails pour recevoir les offres, j’ai mis mon CV en ligne partout où il pouvait l’être, j’ai visité des salons de « recrutement spécial commerciaux » plus nuls que nuls où j’ai côtoyé des jeunes loups en costumes sombres et cravate sobre, sortant juste de l’école et prêts à tuer père et mère pour vendre des assurances ou des photocopieurs. J’ai fait des CV appropriés, des lettres de motivation motivées, j’ai changé ma messagerie de téléphone portable pour faire sérieux. Chaque jour je recevais près de 500 offres d’emploi dans ma messagerie, qu’il fallait traiter de suite sinon elles devenaient inconsultables le lendemain. Un travail de titan. Quand une offre me tentait, je répondais de suite, notant dans un tableau de quoi il s’agissait exactement, recopiant le descriptif complet dans un autre, datant tout. Au bout d’une semaine, les résultats ont commencé à arriver.
Ce qui est un peu dommage, mais juste un peu, je ne vais quand même pas me plaindre, c’est que pendant deux semaines, les vacances scolaires, mes filles étant chez ma mère, j’aurais donc pu faire quelques grasses matinées. Je n’avais jusqu’alors jamais eu de rendez-vous le matin. Et bien par je ne sais quel hasard, les 8 recruteurs que j’ai vus pendant cette période ont tous voulus me voir vers 9h… En plus il neigeait beaucoup la nuit et le matin la rue était transformée en patinoire. Pas de chance…mais j’y suis allée sans rechigner. Il y en a juste un qui a voulu me voir à 7h45. Il est fou celui là ! Si c’était un test pour voir si j’étais capable d’être au bureau tous les jours à cette heure là, je préférais de suite échouer… Je l’ai quand même vu, à 9h30.
De nombreuses entreprises du même secteur que celui que je cherchais à quitter à tout prix m’appelaient, mais je tenais bon. Je voulais changer. Les conditions n’étaient pas meilleures que dans mon ancienne société alors à quoi bon…

jhesite
22 septembre 2005